Histoire d'eau

Le soleil filtre à travers les branches. Une douce chaleur baigne la clairière où nous nous trouvons. L’eau du lac scintille doucement. L’endroit est calme, reculé, loin des autres et de leurs idées trop conventionnelles. Nous n’entendons que le chant des oiseaux et le bruissement des feuilles. L’après-midi est à nous et nous comptons bien en profiter au maximum. Nous échangeons quelques regards complices et nos rires retentissent dans le sous-bois.

En quelques gestes rapides, elle se dénude complètement, je l’observe tendrement. Ses courbes sont douces et voluptueuses, sa peau paraît presque trop blanche sous le soleil d’été. Le phoenix tatoué dans son dos semble prendre vie et s’élancer dans le ciel trop bleu. Ses cheveux roux cascadent sur ses épaules nues. Elle se tourne, me regarde, et je me fonds dans ses yeux verts.

Elle sourit, repars vers la rive et trempe son pied dans l’eau. Elle frisonne et nous lance :”Elle est délicieuse… Venez….”

Je sais qu’elle ment, mais qu’importe, j’ai presque envie de la rejoindre. Elle avance doucement, l’eau caresse sa cheville, puis remonte le long de son mollet avant de venir s’attarder sur son genou. J’ai simplement envie de suivre le même chemin, de déposer mes baisers à ses pieds et de suivre la courbe de sa jambe, prenant tout mon temps pour arriver jusqu’à son intimité, si chaude et si douce. Elle continue à s’avancer et son sexe s’enfonce doucement dans l’eau glacée. Alors que l’eau lui arrive à la taille, elle s’arrête. Elle se retourne vers nous. Elle nous regarde, nous tire une moue boudeuse : “Allez, on se bouge… Bande de poules mouillées…”. Elle a croisé les bras sous la poitrine et ses mamelons érigés pointent vers le ciel, nous invitant eux aussi à honorer leur maîtresse. 

J’hésite encore, partagée entre le plaisir de la contemplation et l’envie de la toucher. Tu te decides la première. Ta robe légère va rejoindre ses habits éparpillés sur l’herbe, et tu t’avances à ton tour dans l’eau claire. Tu progresses prudemment, ta peau, plus sombre et plus sauvage, contraste avec la sienne. Les cicatrices qui barrent la poitrine te rendent encore plus unique. Elles racontent ton histoire, tes souffrances, ton combat et ta victoire. Une ode à la vie et à ton courage.

Elle te regarde en souriant, attend patiemment que tu la rejoignes. Elle décroise les bras et ses doigts effleurent l’eau, y créant d’étranges motifs.

Soudain ton pied glisse, et tu disparais. Quand tu réapparais à la surface, tes yeux noirs lancent des éclairs et tu jures comme un charretier. Tes longs cheveux sombres dégoulinent et te recouvrent le visage. Elle rit. Un son si clair qu’il se mêle au chant des oiseaux. Tu l’incendies de ta voix grave; et elle repart de plus belle. Tu t’approches d’elle à grand pas, elle s'éloigne en riant mais d’un grand geste, tu l’arroses des pieds à la tête. Son regard se durcit et elle vient vers toi pour riposter. 

Je vous regarde vous arroser, jouer, rire et vous ébattre dans l’eau, profitant de tout mon saoul de la vue.

Ce n'est que lorsque mon rire m’échappe et fuse à son tour que vous semblez vous souvenir de ma présence. D’un regard, vous décidez de faire front commun et vous vous dirigez vers moi telles deux lionnes en chasses, belles, sauvages et décidées. Je n’ai pas le temps ni l’envie de fuir...

Et avant que je ne puisse bouger, tu m’attrappes par la taille, tu m’enlaces de tes bras musclés et froids. Un cri m’échappe mais elle colle sa bouche sur la mienne. A deux vous m’arrachez mon chemisier et collez votre peau glacée contre moi, tout en me tirant vers l'eau. Sans que sa bouche ne me quitte, elle défait mon jean, que tu te charges ensuite de descendre jusqu’à mes pieds. Vos mains si froides partent explorer mon corps brûlant. Tu m’enserres la poitrine, sa main glisse vers mon entrejambe. Je ne sais plus trop si je dois me débattre ou me laisser faire. La berge se rapproche, je décide de faire de mon mieux pour vous déconcentrer et je m’élance à mon tour dans une expédition punitive à coups de baisers et de caresses.

Je n'atteindrai jamais l'eau cet après-midi là...

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