Petit texte sans titre....

Les yeux fermés je me laisse porter par les sensations. Dans un coin de la pièce une bougie libère doucement un parfum sucré et fleuri, trop léger pour masquer l’odeur de sexe, de transpiration et de cuir qui imprègne la chambre. Une odeur lourde, sulfureuse, mais familière et réconfortante, souvenirs de plaisirs, de caresses, de rires et de cris. Je suis nue, étendue sur le lit. Je bouge légèrement et je sens le satin glisser sur ma peau. La caresse est légère, agréable mais éphémère et vite oubliée. Heureusement ta main se pose sur ma hanche, chaude, lourde, douce et tendre. Elle m’ancre, m’attache au présent, à toi, à ici et maintenant. Je suis bien, heureuse, détendue, avec toi. Nos respirations sont les seuls bruits qui troublent le silence. Elles se sont synchronisées en un rythme doux, confortable et apaisé. Je sens ta chaleur dans mon cou. Tu souffles doucement, ma peau se tend et se hérisse, sensible à l’extrême. Je renverse la tête en arrière pour profiter au maximum de la caresse.

Ta bouche explore et descend doucement, lentement, elle se promène sur ma nuque, mon cou, mes épaules, mes seins jusqu’à atteindre mes mamelons durcis. Je sens que tu tires sur les pinces qui ornent ma poitrine. La douleur jaillit d’un seul coup et un gémissement m’échappe. Un liquide chaud et lourd coule de mon sexe sur mes cuisses. Je veux refermer les jambes, protéger mon intimité mais je ne peux pas. Les menottes de cuir qui enserrent mes chevilles sont séparées par une longue barre d’acier. Et, malgré mes efforts, je reste ouverte, offerte à ton regards et tes caresses. Tu ris doucement. Tes mains prennent le relais de ta bouche, elles malaxent mes seins, griffent et caressent. Elles explorent mon ventre, accompagnent chacun de mes mouvements, chacune de mes respirations et descendent doucement vers l’intérieur de mes cuisses. Tu déposes un baiser sur mon sexe avide et tu viens laper le liquide qui s’en est échappé. Tu es brûlant, et la sensation de ta langue sur ma peau déclenche en moi des vagues de plaisir. 

Je veux plonger mes mains dans tes cheveux, me délecter de leur texture, griffer ton crâne de mes ongles et tirer pour guider ta tête vers mon sexe qui n’attend que ta langue et tes doigts. Te maintenir là et te sentir me dévorer. Mais mes mains restent sagement loin de dessus de ma tête, attachées aux barreaux du lit. J’ai envie de hurler ma frustration. Je tends mon sexe vers toi. Je me tire dans mes liens. Je te réclame de tout mon corps. Je m'offre à toi du mieux que je peux. Mais tu te retires, ta chaleur disparaît et j’entends ta respiration qui s’éloigne.

Où es-tu ? 

D’un seul coup j’ai un peu peur. Mes yeux bandés ne peuvent te voir. J’essaie de deviner ce que tu fais en suivant le bruit léger de tes pieds nus sur le parquet. Je tourne la tête sans trop savoir vers où. Je me sens perdue. 

Tu es loin. 

Je frissonne, j’ai froid et je me sens vulnérable ainsi écartelée sur le lit.

Mais tu reviens. Je t’entends qui approche. Je me détends. Je t’attends. Je m’ouvre à toi…

L’odeur de fleurs envahit la pièce. 

C'est le seul avertissement que j’ai avant que les premières gouttes de cire brûlante ne s’écrasent sur ma peau.

Je hurle ma douleur et mon désir à travers la nuit.

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