Sans un mot (seconde partie)


Puis peu à peu l'orgasme s'efface et, doucement, il retire ses mains et sa bouche. L’air est frais contre mon sexe brûlant. Il me libère. Je frotte doucement les poignets pour rétablir la circulation. Je vais pour lui parler mais il pose simplement un doigt sur mes lèvres, me demandant de rester silencieuse. Planant encore du plaisir reçu, et étonnée de la violence de mes réactions, je hoche doucement la tête pour lui faire comprendre que j'ai bien compris le message.

Satisfait, il dépose un doux baiser sur mes lèvres meurtries. Il me prend ensuite la main pour me conduire dans la chambre proprement dite. Le décor est succinct et un peu triste : des murs crèmes, une vieille télévision éteinte, une petite fenêtre aux stores cassés donnant sur le parking, et un grand lit deux places aux draps blancs encadré de deux tables de chevet dépareillées. Mais sur la couverture du lit, je découvre alignée une impressionnante collection d’accessoires et de sex toys. Alors que j'ouvre la bouche pour exprimer ma surprise, un regard sévère me rappelle sa demande. Et avant d'avoir pu dire un mot, je referme la bouche, honteuse comme une gamine prise la main dans le pot de cookies.

Il m’assoie au bord du lit. Je reste là sagement, les mains sur les genoux. Je n’ose bouger. Je me sens si peu à ma place avec mes chaussures à talon, mes bas trempés et mon chemisier déchiré au milieu de cette petite chambre d’hôtel. Je n'ose pas le quitter du regard. Lui, les yeux plongés dans les miens, fait le tour du lit, ses mains errant au dessus des jouets. Il semble hésiter au dessus d’une corde, d'un martinet, puis d'un gode aux proportions étranges. Mon ventre se contracte et je ne sais si c’est de peur ou d’anticipation.

Mais c’est les mains vides qui vient s’agenouiller devant moi. Toujours en silence, Il vient ôter les restes de mon chemisier. Ses mains sont douces et légères sur ma peau et je ne peux retenir un frisson. Puis il trouve t’attache de ma jupe, la défait et la glisse à mes pieds. Il enlève mes chaussures, me masse doucement les pieds à travers les bas. Je me retrouve ainsi presque nue, face à lui. Sensuellement il caresse mes jambes et écarte mes genoux. Il plonge son regard dans mon intimité.

Il s’éloigne à nouveau, me laissant seule, jambes ouvertes. Je vais pour le suivre des yeux mais sur un signe désapprobateur de sa part, je reporte vite mon attention devant moi, sur le mur blanc et froid. Il se pose derrière moi, dégage mes cheveux et pose autour de mon cou un lourd collier de cuir. Il le serre, pas assez pour m'empêcher de respirer mais assez pour que je le sente à chaque fois que, stressée, j’avale ma salive. Je sens son souffle dans mon dos. Il dépose un léger baiser aux creux de ma nuque. Ses mains sont chaudes, ses gestes tendres sur mes épaules.

Il revient entre mes jambes, prends mes mains et les pose à plat à mes côtés, sur le lit. La position me bascule légèrement vers l’arrière et ma poitrine se dresse. Il prend un de mes seins en bouche. Il lèche, maltraite et mordille le téton. Il ne me quitte pas du regard, je le fuis en fermant les yeux, portée par le plaisir. Je les ouvre d’un seul coup quand une morsure métallique et froide vient remplacer la chaleur de sa langue et de ses lèvres. Je découvre mon téton douloureusement écrasé dans une sévère pince en acier. Instinctivement je vais pour protester mais, une fois encore, un seul de ses regards suffit à m’imposer le silence.

Sa bouche se referme sur mon second sein pendant que sa main joue et tire sur la pince qui enserre le premier. Mon corps est divisé, déchiré entre la douleur et le plaisir. Le simple fait de garder ma bouche fermée et mes mains posées sur le lit me demande une concentration intense. Quand il se retire et serre une nouvelle pince en acier sur mon second mamelon mouillé de salive, mon sexe se contracte malgré la douleur.

Il s’éloigne à nouveau et me regarde tel un artiste contemplant son oeuvre en cours, se demandant s’il doit rajouter un peu de rouge, ou adoucir la courbe de son trait. Je me sens belle, offerte et vulnérable mais intensément belle dans son regard.

Il revient vers moi, attrappe mes poignets et entreprend de les enserrer dans d’étranges menottes de cuir. Ces mains sont expertes et tendres alors qu’il ferme les lanières et vérifie les attaches. Quand il a terminé j’ai les avant-bras complètement immobilisés, collés l’un à l’autre du coude jusqu’au poignet. Les pinces tirent sur mes seins au moindre mouvement, et la douleur refuse de se laisser oublier. Il repose mes mains, recule, m’observe et hoche la tête d’un air satisfait.

Il repasse derrière moi et, touche finale à son oeuvre, me glisse un bâillon-boule dans la bouche. Je sens le plastique forcer mes lèvres et ma mâchoire à s’écarter. Le tiraillement à la commissure de mes lèvres vient s’ajouter à celui, plus profond et plus lancinant qui continue à monter de ma poitrine.

Il m’aide à me lever, me fait monter sur le lit et m’installe à quatre-pattes dessus. Avec mes bras ainsi attachés, je suis obligée de prendre appui sur mes coudes. La position creuse mon dos et relève mon bassin. Faisant ressortir mes fesses de façon indécente. Il corrige ma posture, tire mes bras vers l’avant, écarte mes jambes et vient m’enserrer les chevilles par des menottes séparées d’une barre métallique. Il s’affaire, me cale par quelques coussins bien placés. Impuissante, je ne peux plus bouger ni parler, je suis offerte à son regard et à ses désirs, le cul en l’air, le sexe ouvert et dégoulinant.

Il me laisse ainsi quelques minutes. Je me concentre sur ma respiration, sur les sensations étranges qui parcourent mon corps, mélange de crainte, douleur, désir et anticipation. Je ne peux plus le voir. Je sens qu’il s’affaire dans mon dos. Sa main de temps en temps vient se poser sur ma cheville, mes reins ou mon dos. Présence à la fois réconfortante et intimidante.

(à suivre…)

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