Sans un mot (suite et fin)
Le bâillon étouffe le cri que je laisse échapper quand le paddle s'abat une première fois sur mes fesses. La sensation de brûlure est immédiate. Je me contracte et me détends immédiatement quand sa main vient caresser la peau endolorie. Un second coup tombe, aussi douloureux et cuisant que le premier. Puis ils s'enchaînent, parfois souples, parfois plus violent, mais toujours inattendus, alternant une fesse puis l’autre, entrecoupés de caresses et de massages. Les messages conflictuels de douleur et de plaisir ne cessent d’arriver à mon cerveau qui court-circuite. Je ne sais plus où j’en suis, je ne sais plus ce que je veux, que la douleur se termine, qu’elle recommence, que la caresse se prolonge, qu’il comble enfin ce vide qui grandit en moi. Le collier m’empêche presque de respirer maintenant, je dois me concentrer pour ralentir mon souffle et les battements de mon cœur qui tonnent à mes oreilles. J’imagine le cuir noir tombant sur ma peau écarlate, mon sexe ouvert attendant satisfaction et je me surprends à tendre les fesses vers le haut, comme pour mieux les offrir à ses coups.
Quand enfin il repose le paddle, je ne suis plus qu’une masse tremblante, tenue par les attaches et les coussins. Mais il ne s’arrête pas. Il m’empoigne les hanches et s’introduit en moi d’un seul grand coup. Le bâillon avale mon cri de surprise. Détendue, trempée, je suis prête à le recevoir. Il va et vient en moi sans douceur, de grands coups de butoirs. Je me tortille, pousse sur mes bras, j’en veux encore, j’en veux plus, malgré la douleur de sa peau qui claque sur mes fesses endolories, malgré mes seins écrasés, torturés par les pinces et le frottement des draps, malgré ma respiration saccadée et hors contrôle. Mon sexe avale le sien, encore, encore et encore, jamais satisfait.
Puis l’orgasme m’emporte, je me contracte violemment autour de lui et je le sens venir malgré la barrière du préservatif. Je pousse, me colle à lui, désireuse de me faire prendre jusqu’à la dernière seconde.
Puis mon corps me lâche d’un coup et je m’effondre vers l’avant.
Il se retire, doucement enlève contraintes, pinces et baillons. Il m’embrasse, me caresse, me masse et me cajole. Perdue dans ce tourbillon de douleur et de plaisir, je me laisse aller dans ses bras, incapable de reprendre le contrôle de mon corps. Il nous glisse sous la couverture et, à l’abris et au chaud dans les bras de mon tortionnaire d’un soir, je m’endors…
Quand je me réveille quelques minutes ou quelques heures plus tard, je suis seule. Dehors, la nuit est tombée. La chambre est déserte. Toute trace de nos ébats a disparu de la pièce. Il ne reste que mes vêtements soigneusement pliés sur une chaise et, posée en évidence sur la table de chevet, une rose d’un noir profond.
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